:
"Plus d'un, comme moi sans doute, écrivent pour n'avoir plus de visage. Ne me demandez pas qui je suis et ne me dites pas de rester le même : c'est une morale d'état civil; elle régit nos papiers. Qu'elle nous laisse libre quand il s'agit d'écrire."
Michel Foucault
L’élimination de l’Algérie du mondial sud africain a plongé bon nombre d’Algériens dans une tristesse
incommensurable, poussant même certains, sans doute pour des raisons extra-sportives, à se livrer à des actes de vandalisme intolérables et inexcusables. Parce que dans cette affaire là, c’est
une nouvelle fois l’image de l’Algérie qui est écornée ; une image déjà sacrément malmenée. Alors, de grâce, épargnez-nous ce spectacle affligeant auquel vous associez le drapeau algérien en
toute irresponsabilité et inconséquence.
S’il y a bien une chose qui caractérise la musique, c’est sans conteste le partage. Permettez-moi donc
de partager avec vous cette sublimissime chanson du groupe Dire Straits. Bien qu’elle ne soit pas la plus connue ni la plus écoutée de toute leur œuvre, elle reste, à mes yeux, une des plus
belles chansons composées par Mark Knopfler et ses compères. Régalez-vous !
S’il vous arrive, aux grés de vos vagabondages quotidiens sur le net, d’atterrir sur le site internet de
notre premier ministre, ne manquez pas de faire une petite halte pour lui faire un petit coucou. Il en sera certainement ravi. Une petite attention de votre part illuminera les journées
surchargées de notre ami Si H’med. Pensez-y !
Non, je ne plaisante pas, un site dédié à l’action du premier ministre et de son gouvernement existe bel
et bien ! Réjouissons-nous, l’Algérie entre de plein fouet dans l’aire des nouvelles technologies et du e-gouvernement. Tout un programme. Qui oserait prétendre que nous avons raté la marche
du progrès ? Sans doute les ennemis de la nation.
Si toutefois vous prend l’idée d’envoyer un message à notre premier ministre, je vous conseille, et
incite fortement, d’éviter les remontrances, récriminations et toutes formes de plaintes. Comprenez une chose : le temps du premier ministre est compté, donc non extensible. Contentez-vous
de quelques messages d’encouragements et de remerciements. Ils seront fortement appréciés.
Maintenant que tu es sûr que le drapeau algérien flottera en Afrique du Sud, tu n'attends
qu'une seule chose : le coup d'envoi de la coupe du monde. Ta vie entière est suspendue à ce rendez-vous. Sur ton agenda vide, seule la page du 11 juin est marquée en rouge.
Tu passes tes journées, jusque là ennuyantes et interminables, à scruter la moindre
information concernant les verts. Tout y passe : presse quotidienne, sportive, étrangère et bien évidemment internet. Ainsi, les joueurs de l'équipe nationale n'ont aucun secret pour toi ; tu es
même capable de donner de tête leurs dates de naissance respectives, les prénoms de leurs mamans et un tas d’autres détails croustillants …
Je te soupçonne même d'avoir participé à la vague d'indignations qui a suivi le lancement
de la compagne de pub de Puma, en vue de la coupe du monde, marquée par l'absence de l'équipe algérienne. Heureusement que le service communication de ladite marque a bien su réagir pour éviter
une compagne de boycott ! Avec les copains, tu savoures cette petite victoire en pensant aux lendemains victorieux des verts.
On l'aura remarqué, ton intérêt pour le foot n'a d'égal que ton mépris pour la politique.
D'ailleurs, tu dis que la politique, c'est de la merde et que ça ne sert à rien de s'y intéresser. Quand on t'interpelle sur le recul des acquis démocratiques par exemple, tu te
dérobes ; après tout, ce n’est pas ton problème !
A force de te côtoyer, je finis par croire que tu t’es trompé de décennie. La nonchalance
et l’apathie qui te caractérisent conjuguées à la peur qui te tiraille me font penser à la chape de plomb des années soixante-dix et quatre-vingts, au règne de la peur et de la terreur, à
l’époque où l’on ne pouvait pas avoir d’opinions politiques. Mais, rassure-toi, je ne t’en veux même pas parce que je suis persuadé que ce n’est pas que de ta faute. Tu es avant tout une
victime.
Je vous invite chers lecteurs à participer à une petite expérience interactive. De quoi s’agit-il au
juste ? En fait, je vous propose, chacun de son côté, de renommer la cité que vous habitez ou que vous fréquentez quotidiennement et qui a la particularité de porter une dénomination dénouée
de toute originalité et ne répondant qu’au seul argument du nombre. Seront donc concernés toutes les cités et quartiers portant le nom de : cité des 1200 logements, cité
des 4000, des 600 logements, … et autres noms barbares de cet acabit. Cette petite entreprise viserait, d’une part, à nous faire prendre conscience de l’absurdité de la chose,
en plaçant ce phénomène dans une problématique générale ayant trait à l’état plus que déplorable de nos villes et, d’autre part, à ponter du doigt le laxisme et l’incompétence des pouvoirs
publics _une fois de plus, me direz-vous !_ quant à leurs capacités à régenter et réglementer le secteur de l’urbanisme en Algérie.
Derniers Commentaires