Partager l'article ! Les vertus antalgiques du foot: Maintenant que tu es sûr que le drapeau algérien flottera en Afrique du Sud, tu n'attends qu'une seule chos ...
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Maintenant que tu es sûr que le drapeau algérien flottera en Afrique du Sud, tu n'attends qu'une seule chose : le coup d'envoi de la coupe du monde. Ta vie entière est suspendue à ce rendez-vous. Sur ton agenda vide, seule la page du 11 juin est marquée en rouge.
Tu passes tes journées, jusque là ennuyantes et interminables, à scruter la moindre information concernant les verts. Tout y passe : presse quotidienne, sportive, étrangère et bien évidemment internet. Ainsi, les joueurs de l'équipe nationale n'ont aucun secret pour toi ; tu es même capable de donner de tête leurs dates de naissance respectives, les prénoms de leurs mamans et un tas d’autres détails croustillants …
Je te soupçonne même d'avoir participé à la vague d'indignations qui a suivi le lancement de la compagne de pub de Puma, en vue de la coupe du monde, marquée par l'absence de l'équipe algérienne. Heureusement que le service communication de ladite marque a bien su réagir pour éviter une compagne de boycott ! Avec les copains, tu savoures cette petite victoire en pensant aux lendemains victorieux des verts.
On l'aura remarqué, ton intérêt pour le foot n'a d'égal que ton mépris pour la politique. D'ailleurs, tu dis que la politique, c'est de la merde et que ça ne sert à rien de s'y intéresser. Quand on t'interpelle sur le recul des acquis démocratiques par exemple, tu te dérobes ; après tout, ce n’est pas ton problème !
A force de te côtoyer, je finis par croire que tu t’es trompé de décennie. La nonchalance et l’apathie qui te caractérisent conjuguées à la peur qui te tiraille me font penser à la chape de plomb des années soixante-dix et quatre-vingts, au règne de la peur et de la terreur, à l’époque où l’on ne pouvait pas avoir d’opinions politiques. Mais, rassure-toi, je ne t’en veux même pas parce que je suis persuadé que ce n’est pas que de ta faute. Tu es avant tout une victime.
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